Former les professionnels à la démarche urbaine intégrée

Trajectoire Ressources a organisé, fin mai 2013, une session-ressources Europe et politique de la ville, temps de qualification collective autour de la notion de démarche intégrée et de l’articulation entre politique européenne de cohésion et politique de la ville.

Ces trois journées ont alterné entre apports théoriques, visites de terrain, travail en ateliers, tables-rondes et débat avec les élus et décideurs de la région franc-comtoise. Et au delà des contenus ou du programme proposé, ce sont bien les compétences et les pratiques professionnelles des participants qui ont permis d’enrichir les échanges.
Quelles motivations vous ont conduit à organiser une session-ressources « Europe et politique de la ville » ?

Elles sont multiples :

L’expérience des autres Centres de ressources Politique de la Ville engagés dans le réseau PUI 20, réseau interrégional des Projets Urbains Intégrés (PUI) des régions Aquitaine, Languedoc-Roussillon, PACA et Rhône-Alpes.
Les orientations nationales du cadre de référence du Secrétariat général à la ville (SGCIV)
La volonté de répondre aux besoins exprimés lors de la 1ère journée d’information et de sensibilisation consacrée au volet urbain de la Politique européenne de Cohésion -organisée en novembre 2011 avec le soutien de Pays Montbéliard Agglomération- en termes de qualification et d’appropriation de la démarche intégrée.
Les orientations de notre Conseil d’Administration qui a défini les questions européennes comme l’un de nos principaux axes de travail.

Vous êtes-vous appuyé sur le mode d’emploi de la session-ressources proposé par la Mission Europe Urbain ?

Oui, bien sûr. C’était d’ailleurs une référence pilier pour construire cette session. La modélisation de la session pilote de Saint Nazaire a alimenté les réflexions initiales du Comité de Pilotage, même s’il faut ajouter que ce « mode d’emploi » a également fait l’objet d’ajustements liés au travail itératif avec les partenaires, qu’il s’agisse de l’Etat ou des collectivités pour parvenir à une session ressource « sur mesure » tant du point de vue du territoire que de celui des participants.

Quels enseignements en tirez-vous ?

Plusieurs éléments sont à mettre en avant :

Le format de trois jours est idéal pour construire une dynamique de groupe quand celui-ci est aussi hétérogène, mais il faut également ajouter que la mobilisation d’acteurs professionnels exerçant à des niveaux stratégiques s’est avérée très complexe.
La mise en œuvre est lourde pour le centre de ressources et il ne faut pas la sous-estimer. L’organisation de ces journées n’a été possible que grâce à l’appui et au soutien de Pays de Montbéliard Agglomération dont le service Politiques Urbaines a fait preuve d’une implication forte et continue. Un projet de cette envergure sans l’appui d’une collectivité et d’un COPIL solide est quasi impossible.
L’accompagnement bienveillant et qualifié de la MEU est lui aussi déterminant.

Suite à l’évaluation de la session, quels enseignements en tirent les participants ?

La session ressource a été utile pour les acteurs qui ont actuellement en charge la préparation des prochains Programmes Opérationnels.
Pour d’autres qui ne sont engagés dans ces démarches, elle a été éclairante sur la plus-value de la démarche intégrée.
Ces trois jours ont également permis une perception plus concrète de l’intérêt d’un réseau régional.
Les attentes qu’ils nous ont renvoyées concernent la mise en place de temps réguliers pour mieux maîtriser la nécessaire transversalité de la démarche et entrer de manière plus approfondie sur certaines thématiques : le développement économique et l’innovation sociale par exemple. Les apports d’Urbact peuvent là aussi nous apporter des éclairages extra nationaux précieux.

Quels conseils donneriez-vous à des autorités de gestion régionales intéressées par ce type de session innovante ?

Une condition sine qua non pour organiser une session ressource: associer dès le début une collectivité territoriale qui accueillera la session et travailler en étroite collaboration avec elle.
Inciter à la mixité professionnelle, l’hétérogénéité du groupe nous semble un des éléments majeurs de réussite.
Bien appréhender le temps nécessaire à l’organisation de ces journées, notamment la mobilisation des participants mais aussi celle des intervenants.
S’appuyer sur un centre de ressources dont les missions sont d’accompagner et de qualifier les acteurs sur les politiques nationale et européenne en faveur du développement social et urbain sans oublier la Mission Europe Urbain !

Quelles suites imaginez-vous après la session ? notamment pour maintenir la dynamique de réseau créée à cette occasion ?

Nous envisageons un cycle inscrit dans la durée -2014/2020-, construit sur la base de journées thématiques, itinérant en Franche-Comté, qui proposerait d’une part des apports de fond et d’autre part leur décryptage, une formation-action en quelque sorte. Ces journées seraient ouvertes à un grand nombre d’acteurs, pas uniquement aux participants de la session. Un format interrégional par séquence pourrait enrichir plus encore cette démarche. A suivre…