Séminaire Urbain Juin 2015

QUOI ?

Séminaire national sur la dimension urbaine de la politique européenne de cohésion 2014-2020

Le séminaire national sur la dimension urbaine de la politique européenne de cohésion 2014-2020, « L’Europe pour la Ville », se tiendra en présence notamment de M. Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, de Mme Myriam El Khomri, Secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la ville, de M. Alain Rousset, Président de la Région Aquitaine et de l’ARF et d’un représentant de haut niveau de la Commission européenne.

calendar68QUAND ?

Jeudi 18 juin 2015 de 10h à 17h

pin56OÙ ?

Cinéma Etoile Lilas
Place Maquis du Vercors
75020 Paris
> Voir le plan de localisation
map49COMMENT VENIR ?

Métro : Lignes 3bis & ligne 11 [Porte des Lilas]
Bus : Lignes 48 / 96 / 105 / 115 / 129 / 170 / 249 [Porte des Lilas]
Tramway : T3bis [Porte des Lilas]
Station Vélib’ : 304 rue de Belleville , Paris 19e / 57 rue des frères Flavien ou 46 rue de Paris, Les Lilas / 241 avenue Gambetta, Paris 20e

objectiveOBJECTIFS DE LA JOURNÉE

Cette rencontre, à l’initiative du Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) et l’Association des Régions de France (ARF), est organisée par l’Agence de services et de paiement (ASP), à travers la Mission Europe Urbain et co- financée par le programme national d’assistance technique Europ’act. Les échanges de la journée porteront sur les enjeux relatifs à la mobilisation des fonds européens sur les territoires cibles de la politique de la ville et en direction de leurs habitants, ainsi que sur les besoins d’appui et d’animation s’agissant de leurs déclinaisons opérationnelles sur les territoires urbains. Les premières orientations de travail et de fonctionnement du dispositif national 2014-2020 de suivi et d’aide à la mise en oeuvre des fonds européens en faveur du développement urbain intégré et durable seront actées à l’issue de la journée.

Plus de 250 participants sont attendus : représentants des collectivités locales (intercommunalités et communes), des Régions en tant qu’autorité de gestion des programmes européens 2014-2020, des services déconcentrés de l’Etat, de la Commission européenne, des administrations centrales et des professionnels de la ville concernés par la mise en oeuvre des fonds européens sur les territoires urbains.

OPÉRATION DE DÉMOLITION ET DE DÉPOLLUTION DE LA FRICHE INDUSTRIELLE DE CERTÉ

L’une des particularités du quartier de Certé est d’être composé d’une friche industrielle de dix hectares : une friche ayant été porteuse d’activités polluantes qui constituaient un véritable frein pour le développement du quartier. C’est fort de ce constat que le projet de rénovation urbaine a envisagé d’élargir son intervention sur cet espace, alors même qu’il n’était pas intégré au conventionnement ANRU initial.

Dans le détail, l’opération concerne des travaux de déconstruction et de dépollution de l’ancienne friche industrielle « Océane » : l’enjeu inhérent à cette opération étant de restituer cinq hectares pour un usage urbain. Les travaux consistent dans un premier temps à démolir les blockhaus présents sur le site pour, ensuite, dépolluer les sols contigus. Les sols dépollués seront ensuite aménagés et urbanisés conformément aux normes sanitaires permettant le changement d’affectation (passage d’un usage industriel à un usage résidentiel).

Sans cette stratégie de projet global, faisant abstraction des stricts périmètres prioritaires, il est probable que le Projet de rénovation urbaine, limité à la seule Zone urbaine sensible (ZUS), aurait eu peu de chances d’atteindre les objectifs de redynamisation urbaine escomptés .

LE FONDS SOCIAL EUROPÉEN : UN OUTIL AU SERVICE DES QUARTIERS URBAINS SENSIBLES

Les autorités de gestion régionales du Languedoc-Roussillon ont imaginé un dispositif concerté pour dynamiser la mobilisation du Fonds social européen en faveur des habitants des quartiers en difficulté : le Dispositif d’animation départemental urbain (DADU).

Piloté par Villes et Territoires LR, centre de ressources politique de la ville, le projet a consisté en une série de séminaires et ateliers pratiques organisés dans chaque département, rassemblant plus d’une centaine d’acteurs liés à la politique de la ville. Une formation-action qui a permis de comprendre et de démystifier ce fonds européen «mal aimé et méconnu».

Présentation de la démarche, de ses points forts et petit mode d’emploi pratique pour les territoires qui souhaitent s’inspirer de cette expérience alors que la prochaine programmation européenne 2014-2020 approche.

Volet urbain

Consciente de l’importance des zones urbaines (80% de sa population vit dans des villes) l’Union européenne poursuit depuis les années 90 une réflexion sur le développement de ses territoires et l’impact de ses politiques. Avec des programmes tels qu’URBAN, l’Union européenne a initié des actions fondées sur une méthode nouvelle « intégrée et participative ». Aujourd’hui, l’Union européenne favorise activement le développement de cette méthode en encourageant les acteurs nationaux et locaux à coordonner leurs interventions sur les territoires urbains et à intégrer des dimensions économiques, sociales et environnementales dans leurs projets urbains.

La politique européenne de cohésion et les fonds FEDER (Fonds européen de développement régional) et FSE (Fonds social européen) qui lui sont dédiés, sont les instruments essentiels de cette action. Ils visent à mettre en œuvre des programmes ciblés sur les zones urbaines défavorisées (cf. article 8 du règlement n°1080/2006 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006 relatif au FEDER).

Les autorités nationales françaises ont fixé les grandes orientations de cette approche urbaine (cf. Cadre de référence stratégique national, CIACT, 6 mars 2006). Le FEDER soutient ainsi des stratégies urbaines intégrées bénéficiant aux quartiers prioritaires de la politique de la ville et à leurs habitants.

En pratique, ces priorités ont conduit à réserver une large place à la dimension urbaine dans les Programmes opérationnels régionaux (PO) « Compétitivité régionale et emploi » et « Convergence ».

LES PROJETS URBAINS INTEGRES (PUI) :

L’Etat a encouragé l’intégration d’un volet urbain dans les PO régionaux dans l’optique de réinsérer les quartiers en difficulté et leurs habitants dans les dynamiques urbaines d’ensemble, en ouvrant les démarches engagées au sein des Contrats urbains de cohésion sociale (CUCS) sur de nouvelles thématiques (environnement, NTIC, développement économique, culture,…) et vers des partenariats élargis.

Dix-neuf régions, quinze métropolitaines et quatre d’Outre-Mer, ont initié des démarches spécifiques de développement urbain intégré dans le cadre actuel de la politique européenne de cohésion. Elles ont abouti à l’identification de 62 projets urbains intégrés, au terme d’appels à projets urbains régionaux.

Au total, le volet urbain représente près de 535 millions d’euros de FEDER : 400 millions d’euros réservés aux 61 PUI métropolitains et 135 millions d’euros au volet urbain dans les DOM.

Soit 7.8% de l’enveloppe nationale FEDER « Compétitivité régionale et emploi » : 10% de l’enveloppe FEDER des quinze régions métropolitaines concernées et 6% de l’enveloppe FEDER « Convergence ».

Qu’est-ce qu’un Projet urbain intégré ?

C’est une stratégie nouvelle de développement d’un territoire introduite par la politique européenne de cohésion 2007-2013.

Se dit d’une ville ou d’une agglomération française sélectionnée après appel à projets régional. L’objectif d’un axe urbain dans les Programmes opérationnels régionaux est d’aider les quartiers en difficulté par le biais d’une approche intégrée des problèmes économiques, sociaux, environnementaux et de promouvoir le développement de l’ensemble d’un territoire urbain.

Les Projets urbains intégrés mettent l’accent sur les actions favorisant la mixité, la diversité fonctionnelle et le désenclavement.

La démarche intégrée ?

A partir d’un diagnostic, la stratégie du territoire doit être multisectorielle et concerner le développement économique, social, environnemental et culturel. Elle doit associer l’ensemble des acteurs de la Ville : publics, privés, associations et habitants.

Cette méthode doit permettre d’enrichir la gouvernance via un réel partenariat local et la mobilisation des financements nécessaires (locaux, nationaux et communautaires).

Plus d’informations sur la démarche intégrée en lisant les conclusions des groupes de travail de la Mission Europe Urbain

Si d’un PUI à l’autre on relève de nombreuses stratégies spécifiques (il vous suffit de parcourir les fiches descriptives du site Internet), les Projets urbains intégrés démontrent leur dimension réellement intégrée, en touchant de nombreuses thématiques. Une pluralité des thèmes traités correspondant à l’esprit de la nouvelle stratégie Europe 2020.

Ainsi les PUI participent à une croissance :

– Intelligente : par le soutien au développement économique, l’innovation et l’économie de la connaissance

– Durable : avec des projets dans le domaine de l’environnement, de la maîtrise des énergies et des transports

– Inclusive : avec des actions sur l’emploi, l’insertion et les services de proximité.

Source : Infocentre PRESAGE, mars 2011

Source : Infocentre PRESAGE, mars 2011

L’effet levier des PUI à mesurer sur le long terme :

L’effet levier s’entend ici par la capacité des cofinancements FEDER à mobiliser d’autres financeurs.

En moyenne, pour 1€ de FEDER dépensé dans les PUI, 2.25€ de dépenses publiques viennent en contrepartie. Un montant plus élevé que pour les autres projets des PO régionaux.

A l’inverse, pour 1€ de FEDER dépensé dans les PUI, seulement 0.17€ de dépenses privées viennent cofinancer, soit un ratio inférieur au reste du Programme régional. Ceci doit conduire à nous interroger sur les démarches à entreprendre pour faciliter les investissements privés dans les quartiers en difficulté.

L’approche urbaine intégrée permet de construire des réponses adaptées à la fois sur les court et long termes, sur un territoire donné. Les interventions programmées participent à l’amélioration du quotidien des habitants des quartiers, en les requalifiant durablement. Si l’on observe que l’exigence de qualité et de partenariat qui a prévalu à la mise en œuvre des Projets urbains intégrés a retardé le démarrage des opérations, ces partenariats désormais stabilisés sont fiables et permettent d’accélérer la dynamique des projets engagés.

Sur les réussites et plus-values de la démarche des Projets urbains intégrés, sur leurs réalisations comme sur les écueils et difficultés rencontrées, la Mission Europe Urbain met à votre disposition une série de documents utiles et éclairants. Vous les retrouverez à la fois dans la rubrique des travaux de la Mission et dans l’onglet « ressources ».

Marseille

« Un projet urbain créatif »

Entretien avec Christophe ANGELIBERT, Directeur Europe et Subventions au sein de Marseille Provence Métropole, chef de file d’un Projet urbain intégré (PUI).

Le territoire de Marseille et sa région est, cette année, sous le feu des projecteurs en tant que Capitale européenne de la culture. Au programme : l’ouverture de nombreuses structures artistiques et culturelles, une multitude de spectacles, expositions et manifestations sur l’ensemble du territoire, dans les musées, théâtres, en plein air, en ville, à la campagne…et dans les quartiers !

C’est l’objet et l’ambition du programme « Quartiers créatifs » dont Christophe ANGELIBERT nous détaille les grandes lignes et les liens tissés avec le Projet urbain intégré de Marseille Provence Métropole.

« Présentez-nous le programme Quartiers créatifs »

Le programme « Quartiers créatifs » est porté par l’association Marseille Provence 2013 qui conduit l’ensemble des opérations liées à la sélection du territoire Marseille-Provence « Capitale Européenne de la culture 2013 ».

Par l’implantation d’artistes sur les territoires en rénovation urbaine, chaque opération vise à accompagner les habitants dans la transformation de leur quartier par l’appropriation de leur espace public au travers d’installations éphémères ou provisoires ainsi que des temps de rencontre autour des réalisations.

La Communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), par le biais de son PUI FEDER, soutient 6 des 14 quartiers créatifs (5 sur Marseille et un sur la Ciotat ; les autres étant hors périmètre de MPM).

« Quand a-t-il été lancé ? »

Le programme Quartiers créatifs a été lancé dès 2011 et se déroule en 3 temps :

2011 définition par les artistes et équipes de chaque territoire du projet artistique au sein de chaque quartier créatif ;
2012 élaboration du mode de mise en œuvre du projet et réalisation concrète d’ateliers publics ;
enfin, tout au long de l’année 2013, présentation des actions produites et valorisation auprès du grand public.

« Quartiers créatifs et Projet urbain intégré, quel(s) rapport(s) ? »

Il est important de rappeler que le premier objectif visé par le PUI FEDER de MPM est l’Emploi, soit la lutte contre le chômage. Pour atteindre cet objectif, des actions directes ont été soutenues mais aussi des actions indirectes contribuant en particulier à améliorer les conditions de vie des habitants leur permettant ensuite une recherche d’emploi plus apaisée.

Le projet « Capitale Européenne de la culture 2013 » a donc été vu comme un catalyseur permettant à des actions culturelles d’accompagner le processus d’aménagement et de transformation de ces quartiers sensibles en rénovation urbaine, tout en invitant les habitants à s’approprier leur espace public.

Ce programme de recherche et de création artistique provoque un changement d’image du territoire pour les habitants mais également vis-à-vis de l’extérieur afin de permettre une meilleure inclusion sociale.

« De quelle manière a été élaboré ce programme ? »

Afin d’aboutir au résultat définit ci-dessus, un travail préparatoire a été mené en 2008-2009, entre MPM, l’association MP2013 et les GIP Politique de la Ville et Rénovation Urbaine.

Ce travail a permis de rappeler les objectifs visés par le PUI FEDER, de choisir au sein du programme de MP2013, le projet y répondant le mieux et de définir au sein de ce projet les opérations qui pourraient être soutenues.

« Quels objectifs vous êtes-vous fixés ? en termes d’accès à la culture ? d’insertion à l’emploi ? de cohésion sociale ? »

En terme d’accès à la culture, l’objectif est de favoriser et d’encourager le dialogue interculturel et la mixité sociale autour des projets développés ;

En terme d’insertion à l’emploi, l’embauche d’habitant des quartiers concernés au sein de chaque équipe artistique est un des objectifs visé pour une appropriation du projet par le territoire ;

En terme de cohésion sociale, l’intégration de ces dispositifs expérimentaux de gestion urbaine de proximité et de concertation mis en place dans les programmes de rénovation urbaine et l’accompagnement au processus de transformation urbaine sont des objectifs importants ;

Enfin, l’utilisation de la transversalité de l’action comme levier de développement local et de coopération territoriale, citoyenne et solidaire apparait comme un facteur important pour l’insertion à l’emploi.

« Avez-vous d’ores et déjà des premiers éléments de résultat ? »

Il est difficile de donner aujourd’hui des premiers résultats. Les actions sont en cours jusqu’à la fin de l’année. Le seul élément tangible est les bons résultats globaux depuis le début de l’année au niveau des visiteurs sur l’ensemble des attractions MP2013.

« Quelles étaient et quelles sont les difficultés à lever pour réussir de tels projets ? »

Deux difficultés ont dû être levées :

– l’intégration au sein du PUI : comme évoqué le PUI est centré sur l’Emploi et ces projets « Quartiers créatifs » ne devaient pas être vus comme des projets « Culturels » mais comme des projets « Politique de la Ville » avec comme outil la culture. Cette difficulté a été levée, comme évoqué plus haut, par un travail en amont avec l’ensemble des acteurs concernés.

– L’appropriation des projets par les habitants des quartiers : là aussi la participation des habitants à l’élaboration de chaque projet a été cruciale. A ce jour, à part sur un des projets, le retour des habitants est positif. Il restera à vérifier dans quelques mois si ces projets ont permis à la population de mieux appréhender la transformation urbaine de leur quartier.

« Comment avez-vous réussi à mobiliser les artistes et initiateurs de projets ? »

La majorité des artistes choisis ont tous réalisé, conçu ou participé à des projets intégrés aux processus de transformation ou des projets sur des espaces publics urbains délaissés.

De plus, certains artistes connaissaient le quartier et sa problématique comme Jean-Luc Brisson qui a publié un ouvrage « Le paradis, quelques observation sur Plan d’Aou » suite à sa résidence de 2 ans à la Gare Franche (lieu culturel implanté à St Antoine).

« Comment avez-vous réussi à gagner la confiance et l’adhésion des habitants des quartiers ? »

Les quartiers créatifs ont été choisis en collaboration avec les institutions et acteurs présents sur les territoires. Ainsi, les collectifs, centres sociaux et artistes (par exemple La Gare Franche sur Plan d’Aou) ont été les relais essentiels au déroulement de ces programmes entre les habitants et les équipes en résidence artistique.

« La culture a-t-elle sa place dans un projet urbain intégré ? »

La Culture a sa place au sein d’un PUI. Elle n’est pas centrale mais contribue par un effet visible et concret à l’appropriation des autres actions menées dans le cadre du PUI. Les quartiers créatifs mettent en avant la place de l’artistique dans le processus de transformation urbaine. Au cœur de ces quartiers défavorisés, la dimension participative des habitants permet de restaurer le lien social et de se réapproprier leur espace public afin que le processus de rénovation urbaine en cours soit un réel succès.

« Présentez-nous un des projets, financé dans le cadre du PUI et qui vous tient particulièrement à cœur »

Chaque quartier créatif a son intérêt de par le territoire et le projet qu’il porte notamment.

Le Quartiers créatif : Ex-Voto_Le Laboratoire sur le 3ème arrondissement de Marseille (Bd de Strasbourg et National, répond à la problématique de l’axe 4.1 par la dimension culturelle et artistique qu’elle développe pour les habitants de ce quartier. Les artistes prennent leur source dans les singularités sociales et historiques du lieu de réalisation et ont fait le choix de travailler autour des rites de passage, proposant, à travers la thématique des Ex-Voto, une autre lecture de ce quartier, de son histoire et de son difficile franchissement tant symbolique que réel. Le Tunnel National, site choisi, présente de fortes potentialités et constitue aujourd’hui un lieu de transit plus qu’un véritable lien. Très dégradé, il fait l’objet d’un programme de réaménagement de sa voirie conduit par Marseille Provence Métropole. Ce quartier créatif contribue à l’amorce d’un nouvel espace public en le scénarisant pour le représenter autrement.

Le quartier créatif : la règle du jeu – l’Abeille à la Ciotat. Menéautour de 3 axes de travail (danse, image et patrimoine) qui se croisent l’opération consiste à accentuer le changement d’image global de ce quartier qui est visé de l’extérieur comme de l’intérieur. Cité construite en 1956 pour loger les ouvriers des Chantiers Navals de La Ciotat, le quartier de l’Abeille fait l’objet d’une convention de rénovation urbaine depuis janvier 2010. Cette dernière prévoit des réhabilitations, des actions de résidentialisation, un travail sur les espaces publics et les cheminements doux, et la restructuration d’équipements publics (stade, école,…). Une ligne de chemin de fer, aujourd’hui désaffectée, rappelant l’histoire ouvrière de ce quartier et son lien aux Chantiers Navals, longe le quartier… C’est le point de départ et d’inspiration du projet mené par Martine Derain où l’image animée ou fixe est au coeur de son travail et des artistes qu’elle convoque lors de sa résidence à l’Abeille. Clin d’oeil aussi pour relier la cité de l’Abeille à la grande histoire de la Ciotat, où fut tourné en 1895 (en gare de La Ciotat), par les frères Lumière, le premier court-métrage animé de l’histoire du cinéma.

Le quartier créatif : le prototype comme outil de dialogue sur les Aygalades, quartier, situé au Nord de Marseille dans le 15ème arrondissement, autrefois traversé par des ruisseaux, puis colonisé par les usines, est aujourd’hui en recherche de cohérence urbaine. Le projet de renouvellement urbain en cours concerne aussi bien la réhabilitation et la diversification de l’offre d’habitat que le traitement des espaces publics. Il concerne la cité des Créneaux et celle de la Viste. A quelques centaines de mètres à vol d’oiseau de ce territoire a été implantée la Cité des Arts de la Rue, équipement culturel majeur des quartiers Nord de Marseille, qui réunit, sur ses 36 000 m2, différentes compétences de la création en espace public (formation, soutien à la résidence de création, soutien à la diffusion, médiation, atelier
de construction, etc.). Quels ponts et croisements, quelles circulationset cheminements créés entre ces territoires voisins qui se font face ?
Du noyau villageois des Aygalades aux grands ensembles d’habitat social, comment faire ici « quartier »Comment débuter un dialogue ? Comment concevoir ensemble une ou plusieurs propositions qui fassent sens dans le dessein de fabriquer conjointement du projet urbain ? Comment penser une utopie de proximité et parvenir à ce qu’elle se réalise au moins en partie Cette résidence a pour objectif de développer une analyse sur le rôle du designer comme source de propositions entre usagers et institutions chargées de développer et de gérer l’espace collectif. Signalétique urbaine pour rendre visible ce qui ne l’est pas, belvédère pour prendre de la hauteur et déplacer le regard, passages et escaliers pour relier des proximités empêchées, autant de propositions à la fois modestes et ambitieuses mises en débat avec les habitants et usagers.

Guide sur la dimension Européenne des contrats de ville

La loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine de 2014 prévoit d’intégrer les fonds européens structurels et d’investissement (FESI) dans les contrats de ville. Les nouveaux programmes européens FEDER/ FSE consacreront au moins 10 % de leur enveloppe globale en direction des quartiers prioritaires de la politique de la ville et de leurs habitants. Ce nouveau guide CGET sur la dimension européenne des contrats de ville définit ainsi les principes de cette mobilisation. Il apporte des réponses utiles aux acteurs impliqués dans l’élaboration et la mise en oeuvre des nouveaux contrats.

La DATAR

La DATAR propose aux autorités de gestion des futurs programmes et à leurs partenaires un « Vade-mecum pour la mise en œuvre d’instruments d’ingénierie financière cofinancés par les fonds européens (2014-2020) ». Ce document a vocation à constituer un outil opérationnel d’aide à la décision et au pilotage (déploiement, règlementation, gestion, suivi,…) d’instruments d’ingénierie financière cofinancés par les fonds européens.

Il présente de manière synthétique :

Les principes généraux de l’ingénierie financière (partie 1) et les types d’instruments financiers pouvant être mis en œuvre sur fonds publics : leur logique ; outils existants ; leurs coûts/avantages
Les étapes de la mise en place de ces instruments financiers (partie 2), depuis la décision de mobiliser ou non des fonds européens, jusqu’à la sélection d’intermédiaires financiers, en passant par la réalisation d’études préalables importantes pour définir une stratégie d’investissement efficace.
Les principales dispositions des règlementations européenne et nationale applicables (partie 3) aux instruments financiers

Politique de la ville : une meilleure méthode pour mieux cibler le territoires

Le ministre délégué à la Ville a dévoilé la nouvelle méthode qui permettra de réformer l’actuelle géographie prioritaire de la politique de la ville, au profit d’une « nouvelle géographie qui se veut simple, lisible, objective… et donc transparente ».

Rappelant les conclusions de la concertation nationale engagée fin 2012, et la nécessité d’actualiser et de recentrer la géographie prioritaire, François Lamy a indiqué que le critère du revenu serait le critère unique de référence de cette nouvelle géographie qui concernera à la fois des quartiers de banlieues, « mais aussi la France urbaine en milieu rural, la France périurbaine et la France ultra-marine », comme l’a souligné François Lamy.

URBACT

Dynamique lancée en 2012, le programme européen URBACT présentait le 19 juin à Bruxelles, l’état des lieux de sa réflexion intitulée « Cities of tomorrow : action today ».

Articulés autour de six rapports thématiques, ces travaux ont rassemblé un grand nombre d’acteurs européens : membres de la Commission et du Parlement européen, élus, experts et professionnels du développement urbain, chercheurs ou acteurs de la société civile.

Avec en fil rouge la plus-value d’une approche de développement urbain durable et de la notion de démarche intégrée, les thèmes abordés par ces groupes relèvent des principaux enjeux auxquels font face les villes européennes :

l’emploi et l’économie
l’innovation sociale
la ségrégation sociale et spatiale
la mobilité
l’efficacité énergétique
les villes en déclin

La dimension urbaine et régional de la crise

Entre 2008 et 2012, le taux de chômage a augmenté dans quatre régions sur cinq dans l’Union européenne. En outre, le PIB s’est contracté dans deux régions sur trois entre 2007 et 2010. Cette crise a un effet très ample, touchant tant les régions plus développées que moins développées. Aussi les disparités entre régions de l’UE ont-elles commencé à se creuser à nouveau, après une longue période de convergence.

Ce revers de fortune grave est souligné dans le 8ème rapport d’étape sur la cohésion économique, sociale et territoriale, « La dimension régionale et urbaine de la crise », adopté aujourd’hui par la Commission européenne. Ce rapport relève en effet les diminutions très préoccupantes au niveau régional de l’emploi et du produit intérieur brut, ainsi que des prix de l’immobilier et du revenu disponible des ménages. Il indique par ailleurs que si d’une part le volume des investissements directs étrangers et des exportations s’est rapidement redressé, d’autre part celui des exportations demeure à un niveau considérablement inférieur à celui d’avant-crise.